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Canadian Journal of Ophthalmology The official journal of the Canadian Ophthalmological Society |
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Volume 39, no.3, April 2004 |
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Éditorial La Charte du professionnalisme médical : question importante qui nous concerne tous Plusieurs journaux scientifiques, tels le Lancet, le Journal of the American Medical Association, les Annals of Internal Medicine, le Medical Journal of Australia et Obstetrics and Gynecology, ont publié, surtout ces deux dernières années, des éditoriaux et des séries d’articles sur le professionnalisme et la nouvelle Charte du professionnalisme médical. De fait, un groupe d’une vingtaine de professionnels de la santé, d’Europe et d’Amérique du Nord, travaille depuis 1999 sur le projet, dit de professionnalisme médical, qu’on pourrait qualifier d’essai de redéfinition et de modernisation de certains vieux principes, notamment le code de déontologie médicale, pour prendre en compte les nouveaux défis qui confrontent la médecine d’aujourd’hui.1–3 Le travail de ce groupe, qui compte des représentants de l’American College of Physicians, de l’American Society of Internal Medicine et de la Fédération européenne de médecine interne, a débouché notamment sur la Charte du professionnalisme médical, laquelle énonce trois principes et dix engagements qui définissent ce que devrait incarner la profession médicale. Le Dr. Richard Cruess, ancien doyen de la faculté de médecine de l’université McGill, à Montréal, et membre du groupe international de travail sur le professionnalisme médical, précise : « La Charte est une déclaration par laquelle la profession médicale énonce officiellement ce qu’elle estime devoir incarner dans une société nouvelle et complexe. Elle assume, d’une part, le serment d’Hyppocrate, ou profession d’engagement, et, d’autre part, les codes de déontologie, véritables lignes de conduite fondées sur l’expérience, prenant en compte les dilemmes éthiques fondamentaux qui confrontent quotidiennement les professionnels de la santé. » La Charte complète les deux volets.1,3,4 Dans un article récent du Medical Journal of Australia, la Dre. Sylvia Cruess et ses coauteurs 5 posent les bases d’un nouvel ensemble de règles pour la profession médicale, telle la Charte du professionnalisme médical. Après avoir examiné le double rôle du médecin, guérisseur et professionnel, les auteurs concluent que le code de déontologie régissant les comportements lie les deux rôles et que la science en fonde l’autorité. Les auteurs observent également que, faisant partie de la profession, les médecins sont liés par contrat avec la société. La profession confère un monopole sur l’utilisation d’une masse de connaissances et le privilège de l’autoréglementation. En retour, le professionnel devrait garantir sa compétence, son intégrité et la prestation de services altruistes à la société. Les auteurs examinent aussi plusieurs facteurs qui ont menacé les valeurs professionnelles, notamment les attitudes de plus en plus critiques de la société envers les médecins, alléguant que ces derniers recherchent leurs intérêts financiers et ne se réglementent pas de façon à garantir la compétence, et, peut-être le plus important, les facteurs associés à l’évolution de la prestation des soins de la santé dans le monde développé. Pour que l’idéal du professionnalisme survive dans cette ère moderne, les médecins doivent comprendre leur rôle dans le nouveau contrat social. Ils doivent assumer les obligations nécessaires pour soutenir le professionnalisme et faire en sorte que les systèmes de soins de la santé soutiennent un comportement qui soit compatible avec les valeurs professionnelles.1,3,5 Cruess et ses coauteurs 5 soulignent que les conditions d’exercice de la médecine incitent les médecins à abandonner leur engagement à respecter la primauté du bien-être des patients. Les trois principes fondamentaux de la Charte du professionnalisme médical sont la primauté du bien être des patients, le respect de leur autonomie et l’engagement de justice sociale. Découlent alors les valeurs fondamentales de la Charte, les 10 « engagements » : compétence professionnelle, honnêteté envers le patient, confidentialité, maintien de relations appropriées avec le patient, amélioration de la qualité des soins, amélioration de l’accès aux soins, juste répartition des ressources, savoir scientifique, maintien de la confiance pour la gestion des conflits d’intérêts et responsabilités professionnelles.3–5 L’altruisme a aussi son importance pour faire primer le bien-être du patient. Il contribue à la relation de confiance, qui est essentielle entre le médecin et le patient. Les forces du marché ainsi que les pressions et les exigences sociales ne sauraient compromettre ce principe. Il est louable aussi qu’en précisant le principe de justice sociale, la Charte insiste sur le devoir de la profession médicale de promouvoir la justice dans le système de soins, y compris la juste répartition des ressources disponibles pour les soins de la santé. Les médecins devraient travailler activement à éliminer la discrimination dans les systèmes de soins de la santé, qu’il s’agisse de race, sexe, situation socio-économique, religion ou de tout autre facteur.4,5 La Charte du professionnalisme médical a été diffusée dans la plupart des associations médicales, écoles ou facultés et organismes de réglementation d’Amérique du Nord et d’Europe, dans l’espoir qu’on lui accordera quelque autorité en l’adoptant. Des questions et des objections, notamment au sujet du caractère pratique et de l’applicabilité universelle de ces notions, surgiront vraisemblablement de tous les secteurs du spectre politique du système de soins de la santé. Néanmoins, l’on ne saurait amoindrir l’importance d’une telle initiative. Les étudiants en médecine et les jeunes médecins et fournisseurs de soins de la santé jetteront un regard neuf sur le débat. Avec leur jeunesse, ils y apporteront leurs idéaux, ceux que nous aurions tous dû conserver intacts dans nos carrières. Alors que nous discutions du sujet par courriel, ma fille, Julia, étudiante en sciences de la santé à l’université Queen’s, à Kingston (Ontario), m’envoya une citation que je souhaite partager avec vous. Ces paroles pourraient servir d’antidote au scepticisme touchant le caractère pratique et l’applicabilité de la Charte : « Les personnes à l’esprit ouvert et aux valeurs franches ouvrent au monde une seule voie à suivre, celle de l’amélioration et de l’égalité. La maxime n’est ni naïve ni trop optimiste. Elle est de fait essentielle et indubitable. » Le débat sur la nouvelle Charte du professionnalisme médical est extrêmement pertinent et important pour les ophtalmologistes et tous les fournisseurs de soins oculaires. Le JCO devrait y participer. Il le fera. Miguel N. Burnier, jr, MD, PhD Traduction par Claude Gendron RÉFÉRENCES 1. Promoting professionalism. McGill
Reporter 2002;34(12): 1–2.
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