OTTAWA Les recommandations concernant les normes de vision pour la conduite automobile, contenues dans la publication de lAssociation médicale canadienne, intitulée " Déterminer laptitude médicale à conduire Guide du médecin ", font référence à une perte possible de sensibilité au contraste associée à la chirurgie réfractive au laser. Cette référence a été mal interprétée ces derniers mois dans les comptes rendus des médias qui ont conclu à un plus grand risque de problèmes pour la conduite automobile de nuit.
Le comité dexperts de la Société canadienne dophtalmologie, qui en avait rédigé les lignes directrices, disait ce qui suit : " Les personnes éprouvant une sensibilité réduite au contraste pourraient avoir de la difficulté à conduire malgré une bonne acuité visuelle. Toutefois, on ne sait pas encore pour linstant à quel niveau la diminu-tion de cette sensibilité représente un risque inaccep-table pour la conduite automo-bile. On peut associer la perte de sensibilité au contraste au vieillissement, à une cataracte, à une chirurgie réfractive ou à dautres maladies oculaires. Les personnes qui ont un manque substantiel de sensibilité au contraste devraient en être informées. "
Selon le Dr Duncan Anderson, président du comité et chef du Département dophtalmologie de lUniver-sité St-Paul, à Vancouver (C.-B.), les comptes rendus des médias nont retenu que la phrase disant que " Les personnes éprouvant une sensibilité réduite au contraste pourraient avoir de la difficulté à conduire ", ignorant la suite qui disait " Toutefois, on ne sait pas encore pour linstant à quel niveau la diminu-tion de cette sensibilité représente un risque inaccep-table pour la conduite automobile. "
Le Dr Anderson poursuit : " Le Groupe de travail sur les normes visuelles de la conduite automobile na pas mentionné la sensibilité au contraste comme étant une contre-indication. De fait, les données scienti-fiques actuelles ne justifient aucune contre-indication concernant la conduite automobile en rapport avec la chirurgie réfractive. "
Le Dr Bruce Jackson, directeur général de lInstitut de lil dOttawa, a expliqué quen chirurgie au laser, la sélection préopé-ratoire des patients était essentielle pour sassurer du résultat positif de lintervention, que celle-ci améliorera définitivement la vue et que les patients en seront satisfaits. " Il y a des patients qui ne sont pas les meilleurs candidats pour la chirurgie au laser, mais cest là une petite minorité, dit-il. Certains patients ont un degré élevé de myopie ou dhypermétropie, une anomalie oculaire ou des pupilles exceptionnellement grandes, dont le diamètre dépasse celui qui est souhaitable pour la chirurgie. Ces patients peuvent expérimenter une certaine perte dacuité visuelle du contraste la nuit. Dautre part, certains prennent une décision éclairée quant à la chirurgie, estimant préférable de ne pas porter de lunettes, quitte à voir un peu moins bien la nuit. "
La Société canadienne dophtalmologie (SCO) et la Société canadienne de la cataracte et de la chirurgie réfractive (SCCCR) estiment que lobtention de bons résultats à la suite dune chirurgie réfractive repose dabord sur la sélection minutieuse des patients.